


Le titre du livre ci-contre nous ouvre une piste intéressante : « L’homme est un singe comme les autres ».
En effet, envisager le bébé humain sous l’angle de la nature et de ses origines animales peut nous aider à mieux comprendre ses besoins, et notamment celui d’être porté. Bien que nous soyons à un stade de développement très avancé, nous avons beaucoup en commun avec les grands singes. Notre côté animal est plutôt occulté dans notre culture occidentale moderne, pourtant nos nouveau-nés ont un comportement et des besoins assez proches de ceux des bébés singes : au même titre que les autres grands primates, ils font partie de ce que nous appelons les « portés actifs » et sont naturellement programmés pour être portés, ceci afin d’assurer leur survie.
Immatures à leur naissance, nos bébés sont vulnérables et dépendants des adultes, particulièrement de leur mère, pour combler leurs besoins de base : nourriture, élimination, sommeil, déplacement, protection contre le climat, les intempéries et le danger.
Qu’est-ce que le portage ?
Dans notre monde occidental façonné par l’Homme, le maternage a évolué de différentes manières et s’est imprégné de l’évolution de notre culture moderne et des différentes théories sur le bébé suivant les époques. Nous vivons dans un monde sécurisé et chauffé, nous allons au magasin acheter notre nourriture et nous avons à notre disposition des objets pour nous occuper de notre bébé. Nous pouvons vaquer à nos occupations sans avoir peur que notre bébé grelotte de froid ou se fasse attaquer par une bête sauvage dans son transat. Mais… notre bébé n’a pas encore la culture de l’endroit où il est né, il ne sait pas qu’il n’y a pas de bêtes sauvages dans son appartement et son instinct animal lui fait sentir que c’est contre un adulte qu’il est en sécurité. Il se comporte tout simplement comme s’il vivait en milieu naturel en attendant de pouvoir interpréter le monde et intégrer l’environnement dans lequel il vit avec sa famille.
Aujourd’hui, les connaissances scientifiques et psychologiques sur le développement du bébé et ses besoins nous permettent d’affirmer que le portage et la proximité physique sont bénéfiques et nécessaires au bien-être du bébé, tant dans son développement physique et moteur, que dans son développement psychologique et social.



Il y a 3,5 millions d’années :
les Australopithèques
Depuis 35 000 ans :
l’Homo sapiens sapiens
Du grand singe à l’homme moderne occidental, en passant par l’australopithèque, l’homo sapiens et les ethnies vivant en milieu naturel, un point commun : des bébés aux besoins identiques, naturellement programmés pour être portés, quelque soit le lieu, la culture ou l’époque.